Eider à duvet

L'eider à duvet,
un habitué de
nos reliefs rocheux


 Chronique du 13 juin 2023


S’il existe un oiseau qui représente l’arrivée de la belle saison pour les habitués du bord du fleuve, c’est bien l’eider à duvet.
    Il se pointe en avril, et ne nous quittera qu’à l’automne.
    Il s’agit d’une espèce de canard plongeur de la famille des anatidés. C’est le plus gros de tous les canards.
Au Québec, on le retrouve le long du fleuve, entre Charlevoix et Rimouski, où se trouvent environ 12 sites de reproduction. La plupart de ces sites sont des aires protégées, surtout des îles, à accès restreint ou simplement interdit.
    Nous sommes chanceux, car il est commun chez nous, et facilement observable. Il suffit de se rendre aux abords du fleuve, ils sont devant nous. La zone entre le phare de Cap-aux-Oies et Saint-Irénée constitue une vraie pouponnière pour cette espèce. Il s’observe aussi, en moins grand nombre, jusqu’à Baie-Sainte-Catherine.
    Il y a quelques jours, sur la batture de Saint-Irénée, parmi les roches qui émergent à mer basse, ils étaient fidèles au rendez-vous. Très nombreux, probablement plus de 40 individus. Le plumage blanc des mâles est très visible, et leur cri assez caractéristique. Un léger gémissement interrogatif, sans cesse répété.
Il est probable qu’ils ont inspiré quelqu’un au gouvernement pour la création des CPE au Québec. En effet, les femelles regroupent les petits qui sont au nombre de 4 ou 5 par femelle, et les accompagnent pendant les premières semaines de leur vie. On observe souvent plusieurs femelles qui gardent avec attention de 20 à 30 petits.

Eider à duvet mâle Eider à duvet femelle
Eider mâle: Il est facilement reconnaissable. Le relief côtier de Charlevoix constitue un des rares endroits au Québec où l’on peut l’observer facilement de la berge.
Eider femelle: toutes brunes et abondamment rayées, les femelles se regroupent souvent pour surveiller les petits. Il est fréquent d’observer des groupes de 30 oisillons qui se déplacent sous l’œil attentif des mères.

    L’espèce niche dans les herbes basses en bordure de l’eau, et aime bien fréquenter les milieux rocailleux, se déplaçant lentement dans une eau peu profonde, se nourrissant de moules. Les petits se nourrissent d’invertébrés trouvés dans les algues.
    Nous sommes actuellement en pleine période qui permet d’observer ces familles très unies.

    L’eider à duvet mâle est évidemment facilement identifiable. C’est un gros canard, au cou assez fort. Il se reconnaît facilement, car il est le seul canard aux côtés noirs et au dos et poitrine totalement blanche. En vol, le dos et l’avant des ailes sont blancs. La tête est blanche, avec une calotte noire. La femelle, quant à elle, est totalement brune, avec des stries étroites et plus claires. Les deux sexes montrent un front fuyant vers l’arrière.
    Cette espèce fut longuement chassée pour la qualité de son duvet qui est assez unique et recherché dans les vêtements, édredons, oreillers, sacs de couchage. Heureusement, l’espèce est maintenant protégée. La récolte du duvet est effectuée par des spécialistes sur les sites de nidification, sans causer de préjudice aux eiders. Et l’utilisation du duvet est moins répandue que jadis, car le duvet est très dispendieux et difficile à trouver. Il faut dire que de nombreux produits synthétiques ont graduellement remplacé le duvet comme isolant.
    Ainsi, l’Île aux Lièvres, l’île aux Fraises, les îles du Pèlerin, l’île aux Basques et l’île aux Pommes constituent des aires de protection qui assurent que l’espèce puisse se reproduire en toute tranquillité, à l’abri de la prédation et des chasseurs.
    Profitez des mois de juin et juillet pour aller sur les côtes de Charlevoix. Vos chances d’observer ces beaux canards accompagnés de leurs petits sont excellentes.

Bonnes observations.


Michel Paul Côté

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