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L'eider à duvet,
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S’il existe un
oiseau qui représente l’arrivée de la belle saison pour les habitués du
bord du fleuve, c’est bien l’eider à duvet.
Il se pointe en avril, et ne nous quittera qu’à
l’automne.
Il s’agit d’une espèce de canard plongeur de la
famille des anatidés. C’est le plus gros de tous les canards.
Au Québec, on le retrouve le long du fleuve, entre Charlevoix et
Rimouski, où se trouvent environ 12 sites de reproduction. La plupart
de ces sites sont des aires protégées, surtout des îles, à accès
restreint ou simplement interdit.
Nous sommes chanceux, car il est commun chez nous,
et facilement observable. Il suffit de se rendre aux abords du fleuve,
ils sont devant nous. La zone entre le phare de Cap-aux-Oies et
Saint-Irénée constitue une vraie pouponnière pour cette espèce. Il
s’observe aussi, en moins grand nombre, jusqu’à Baie-Sainte-Catherine.
Il y a quelques jours, sur la batture de
Saint-Irénée, parmi les roches qui émergent à mer basse, ils étaient
fidèles au rendez-vous. Très nombreux, probablement plus de 40
individus. Le plumage blanc des mâles est très visible, et leur cri
assez caractéristique. Un léger gémissement interrogatif, sans cesse
répété.
Il est probable qu’ils ont inspiré quelqu’un au gouvernement pour la
création des CPE au Québec. En effet, les femelles regroupent les
petits qui sont au nombre de 4 ou 5 par femelle, et les accompagnent
pendant les premières semaines de leur vie. On observe souvent
plusieurs femelles qui gardent avec attention de 20 à 30 petits.
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| Eider
mâle: Il est facilement reconnaissable. Le relief côtier de Charlevoix
constitue un des rares endroits au Québec où l’on peut l’observer
facilement de la berge. |
Eider
femelle: toutes brunes et abondamment rayées, les femelles se
regroupent souvent pour surveiller les petits. Il est fréquent
d’observer des groupes de 30 oisillons qui se déplacent sous l’œil
attentif des mères. |
L’espèce niche dans les herbes basses en bordure de l’eau, et aime bien
fréquenter les milieux rocailleux, se déplaçant lentement dans une eau
peu profonde, se nourrissant de moules. Les petits se nourrissent
d’invertébrés trouvés dans les algues.
Nous sommes actuellement en pleine période qui
permet d’observer ces familles très unies.
L’eider à duvet mâle est évidemment facilement identifiable. C’est un
gros canard, au cou assez fort. Il se reconnaît facilement, car il est
le seul canard aux côtés noirs et au dos et poitrine totalement
blanche. En vol, le dos et l’avant des ailes sont blancs. La tête est
blanche, avec une calotte noire. La femelle, quant à elle, est
totalement brune, avec des stries étroites et plus claires. Les deux
sexes montrent un front fuyant vers l’arrière.
Cette espèce fut longuement chassée pour la qualité
de son duvet qui est assez unique et recherché dans les vêtements,
édredons, oreillers, sacs de couchage. Heureusement, l’espèce est
maintenant protégée. La récolte du duvet est effectuée par des
spécialistes sur les sites de nidification, sans causer de préjudice
aux eiders. Et l’utilisation du duvet est moins répandue que jadis, car
le duvet est très dispendieux et difficile à trouver. Il faut dire que
de nombreux produits synthétiques ont graduellement remplacé le duvet
comme isolant.
Ainsi, l’Île aux Lièvres, l’île aux Fraises, les
îles du Pèlerin, l’île aux Basques et l’île aux Pommes constituent des
aires de protection qui assurent que l’espèce puisse se reproduire en
toute tranquillité, à l’abri de la prédation et des chasseurs.
Profitez des mois de juin et juillet pour aller sur
les côtes de Charlevoix. Vos chances d’observer ces beaux canards
accompagnés de leurs petits sont excellentes.
Bonnes observations.
Michel Paul Côté
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